Rentrée littéraire 2019

L'équipe de la librairie a bien travaillé. Plus de cent romans de la rentrée ont été lus (et ce n'est pas terminé). En voici un florilège. Deux écrivaines, dont les livres sont présentés dans cette rubrique, sont déjà venues chez nous. Vous avez été très nombreuses (pas très nombreux, la littérature resterait-elle une affaire de dames ?) à accueillir Valérie Tong Cuong et Claire Berest. Nous conclurons ce tryptique de rencontres avec Philippe Hayat pour une soirée musicale consacrée à son roman Où bat le coeur du monde, à la clarinette et au piano.

 


L'oeil du paon

Lilia Hassaine chez Gallimard

Héra a toujours vécu sur une île sauvage de Croatie sur laquelle pèse une étrange malédiction. Est-ce pour la protéger de cette dernière, qu'à la mort de sa mère, que son père l'enjoint de quitter cette île où vivent les paons pour Paris. Héra se  retrouve chez sa jeune tante qui la traite comme une étrangère ou plutôt comme une esclave conscentante. Tandis que son petit cousin Hugo reporte son affection sur elle, Héra découvre Paris, ses plaisirs et, peut-être trop tard, ses dangers.

Voilà un magnifique premier roman qui tiendrait d'un conte sensuel et cruel et qui embarque subtilement son lecteur dans une quête tout en curiosité : que peuvent bien cacher les apparences ?

Lu et fortement apprécié par Pierre


Rien n'est noir

Claire Berest, éditions Stock

A 20 ans, Frida Kahlo décide que Diego Rivera, le plus grand peintre mexicain de l'époque, sera son mari, son homme, son amant. Vous avez bien lu : elle le décide, donc ce sera ! Et ce sera dans la passion, dans la dévoration de l'un par l'autre et dans la souffrance de l'un pour l'autre ou de l'un à cause de l'autre.

C'est cette passion folle que Claire Berest nous raconte dans un texte qui oscille entre roman et biographie romancée. Nous aurions déjà souhaité la visite de Claire sur nos terres pour son remarquable précédent roman Gabrielle (écrit à quatre mains avec sa soeur Anne). C'est ainsi avec un immense plaisir que nous accueillerons Claire Berest le jeudi 24 octobre pour une soirée consacrée à l'oeuvre de ces deux grands peintres, à leur amour fou et à Rien n'est noir, ce roman qui s'imposera comme un des tout bons livres de la rentrée.

"Parce que j'ai été victime de deux horribles accidents dans ma vie, Diego, le premier c'est le tramway, l'autre c'est quand je t'ai rencontré."

Lu par Béatrice et Pierre

 


Où bat le coeur du monde

Philippe Hayat chez Calmann Lévy

Tunis et les année 30... Darius Zaken, jeune juif brillant et destiné aux plus hautes études, perd définitivement la voix après avoir assisté à l'assassinat de son père dans un contexte raciste. Plus rien ne l'égaye, ne l'intéresse malgré une mère aimante (peut-être  même trop aimante) jusqu'à ce que, dans un cabaret, il entende un son magique : celui d'une clarinette. Une nouvelle route s'offre à lui : il va apprendre à jouer de cet instrument, se perfectionner, jusqu'à devenir un des meilleurs clarinettistes du monde.

De la Tunisie française à New York, en passant par l'Europe en guerre et le sud-américain ségrégationniste, Philippe Hayat nous enchante avec cette fresque rythmée par le jazz.

Nous recevrons Philippe Hayat lors d'une soirée consacrée à son livre le mardi 19 novembre à la Salle des Tréteaux. Deux clarinettistes et un pianiste illustreront musicalement cette soirée.

Lu par Béatrice et Pierre


La part du fils

Jean-Luc Coatalem chez Stock

Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi pour que disparaisse à jamais dans les geôles allemandes le grand-père du narrateur. C'est lui qui, des années après la guerre, part à la recherche du parcours de cet homme arrêté pour motif "inconnu". Et ce qu'il ne trouvera pas dans la bouche des derniers témoins et dans les archives, il l'inventera. Juste pour que cet homme revive !

Un texte magnifique et, pour moi, une révélation : c'est dans les grottes où Speer et Von Braun construisaient les V1 et V2, à l'abri des bombardements alliés et au mépris de la vie de leurs esclaves prisonniers, qu'a débuté la conquête de la lune dont la presse vient tant de se faire l'écho.

Lu par Pierre


Le plus fou des deux

Sophie Bassignac chez Lattès

Lucie est marionnettiste. Elle tourne avec son spectacle dans le monde entier. Tout roule donc... Jusqu'au jour où elle rencontre un homme qui lui demande de trouver une bonne raison pour qu'il ne se suicide pas. Le plus fou des deux est une rencontre entre une femme sans passé et un homme sans avenir. Ils feront du présent leur champ de bataille.

Une plongée étonnante dans le monde des marionnettistes. Que les curieux s'ébrouent... Ce roman les ravira !

Lu par Pierre.


Je ne suis pas seul à être seul

Jean-Louis Fournier chez Lattès

"Hier, j'ai reçu trois coups de fil.

A 12 h 32, on voulait me vendre une cuisine.

A 15 h 11, c'était la mairie qui m'appelait, à cause de la canicule, pour savoir si tout allait bien.

A 16 h 03, c'était une erreur."

Nous apprécions l'espièglerie de Jean-Louis Fournier qui lui permet d'aborder les sujets les plus mélancoliques. Encore une fois, c'est vraiment réussi.

Lu par Pierre.


La tentation

Luc Lang chez Stock

Son fils est banquier et a l'avidité d'un fauve. Sa fille est amoureuse, amoureuse éperdue d'un malfrat de la pire espèce, trafiquant, blanchisseur d'argent et probablement tueur à ses moments perdus. Sa femme alterne les périodes de dépression et des séjours en couvent, et éprouve un plaisir fou à être avec son garçon. Alors que peut encore offrir François, chirurgien renommé, aux membres de sa famille ? Que peut-il encore transmettre ? Et puis, il y a la nature. Omniprésente, saine et pure. Une stabilité dans le monde de François qui soudain bascule...

Vraiment un très très beau texte !

Lu par Pierre


La petite conformiste

Ingrid Seyman chez Philippe Rey

La narratrice s'appelle Esther. Elle doit avoir dans les 6 ou 7 ans. Dans sa naïveté d'enfant, Esther va rendre drôle, cocasse et incroyablement bouleversant, un récit qui interroge ses lecteurs sur la normalité, sur le couple et l'amour (surtout ceux qui vont mal).

Donc, je reprends. Esther se dit de droite dans une famille de gauche. Nous sommes dans les années septante, dans une famille post-soixantehuitarde. Chez Esther tout le monde vit nu. Sa mère est une secrétaire anti-capitaliste. Son père est juif, mais par intermittence (entendez par là, quand ça l'arrange). Ce père passe sa vie à empoisonner celles des autres dans la famille qui compte encore un frère hyperactif et des grands-parents qui soignent leur nostalgie de l'Algérie française.

Voilà, le décor est planté. Il ne reste plus qu'à inscrire Esther chez l'ennemi, à savoir dans une école catholique située dans le quartier le plus bourgeois de Marseille.

Ce roman est absolument formidable, servi par des dialogues dont les répliques sont des salves de mitraillettes. Le propos est sérieux, grave et pourtant, on y rit de la première à la dernière page. Tout pétille dans ce livre !!! Et dire que Ingrid Seyman nous livre son premier roman !

Lu par Pierre et d'une seule traite...


Les guerres intérieures

Valérie Tong Cuong, éditions Lattès

Ce jour-là, Pax Monnier a un rendez-vous professionnel d'une importance capitale. Prêt à quitter son appartement, il entend des bruits suspects à l'étage. Doit-il intervenir? Il n'a pas le temps, et c'est son avenir qui est en jeu! Il ne s'immiscera donc pas dans la vie des autres ce jour-là. Mais quand le comédien rentre chez lui, il apprend qu'un étudiant a été sauvagement agressé. Cette scène d'ouverture va entrainer dans la vie de Pax des conséquences en forme de dominos, allant jusqu'à le poursuivre dans ses relations sentimentales...
Dans ce roman d'une densité à la fois sombre et lumineuse, Valérie Tong Cuong explore l'âme humaine dans toute sa complexité, comme elle sait si bien le faire. Ici, elle s'attache particulièrement à décrypter les "lâchetés ordinaires", auxquelles nous sommes tous un jour confrontés.
Nous recevrons Valérie le dimanche 29 septembre lors de notre petit-déjeuner littéraire.
 
Lu par Béatrice et Pierre
 


Les petits de Décembre

Katouther Adimi au Seuil

Alger. Dans la cité du 11-Décembre, la vie s'harmonise autour d'un terrain vague qui se transforme en terrain de jeux ou en terrain de football selon la fantaisie des jeunes du quartier. Tout se dérègle quand deux généraux veulent y construire leur maison. Les papiers officiels disent d'ailleurs que la parcelle leur appartient. Et la résistance de s'organiser !

Les petits de Décembre est un excellent roman pour dire la jeunesse qui s'insurge et qui dénonce la corruption, les abus de pouvoir et la lâcheté des hommes. Mais, Les petits de Décembre est aussi un livre qui donne des raisons d'espérer.

Nous vous recommandons le roman de Kaouther Adimi. Si vous vous en souvenez, nous vous avions déjà proposé, Nos richesses, le texte précédent de cette jeune auteure à découvrir au plus vite si vous ne l'avez déjà lue.

Lu par Pierre


Cent millions d'années et un jour

Jean-Baptiste Andréa à L'Iconoclaste

Il en est sûr, cette rumeur est vraie : les ossements d'un dinosaure se cachent au creux d'une caverne, dans les Alpes. En tant qu'archéologue, il ne peut pas laisser passer cette opportunité de marquer l'histoire. Malheureusement, l'université n'y croit pas et ne financera pas son expédition. Son intuition le pousse à utiliser ses économies, à contacter trois collègues et à les embarquer, à ses frais, pour une quête hasardeuse.

Dans le froid de la montagne, il fera face à son passé familial et à ses démons. Ses amis comprennent rapidement qu'ils ne sont pas là seulement pour rechercher des os, mais pour se trouver.

Ce roman est l'aventure folle d'un homme décidé à croire aux chimères, quoiqu'il lui en coûte, pour combler les vides de sa vie et, enfin, lui donner du sens. Une écriture à la fois poétique et rythmée, riche en humour.

Lu par Julie et Anne

 


Rose désert

Violaine Huisman chez Gallimard

Violaine vit aux États-Unis depuis quelques années déjà, elle a un travail qu'elle aime, un chouette appartement, des amis bienveillants. Après une rupture amoureuse, elle décide de prendre l'avion, direction le Maroc, et de traverser le désert pour rencontrer le nouveau compagnon de sa mère. Une mise en danger inconsidérée qui sera, pour elle, l'occasion de retracer son parcours amoureux depuis son adolescence jusqu'à cette histoire d'amour qui la laissera brisée.

Pouvant faire suite à "Fugitive parce que reine", son précédent roman que nous avions beaucoup aimé, et dans lequel elle livre un témoignage vibrant de sa mère maniacho-dépressive, ce nouveau roman se consacre, avec fragilité, honnêteté et courage, à son identité féminine et à la découverte de la sexualité, pas toujours aussi réjouissante qu'il y parait.

Poignant !

Lu par Julie


De pierre et d'os

Bérangère Cournut, le Tripode

Où que l’on regarde, la neige, blancheur immaculée. Dans cet espace, un igloo où dort une famille. Ce matin-là, Uqsuralik se réveille plus tôt, dérangée par des douleurs au ventre, marche un peu. Alors qu’elle s’éloigne, un craquement se fait entendre, celui de la glace qui se brise. Une fissure qui va la séparer de sa famille.

Seulement armée d’une lance et vêtue d’une peau d’ours, notre héroïne est alors contrainte de se débrouiller seule dans cette nature hostile qu’elle connaît pourtant bien. Voici pour le lecteur l’occasion de découvrir aux côtés d’Uqsuralik la vie des peuples proches du Cercle arctique : le rythme des saisons, les coutumes, les croyances, le mode de vie, la sociabilité...

Entrecoupé de chants magnifiques, ce texte, récit d’une vie, d'une femme, rend hommage à ces peuples encore vierges de la présence de nos civilisations dévastatrices.

Un coup de cœur fulgurant dont on conserve longtemps l'écho en soi, à la manière des contes racontés au coin du feu. SUBLIME.

Adoré par Anne et Julie


Par les routes

Sylvain Prudhomme chez l'arbalète gallimard

Quand ils étaient jeunes et guidés par le caractère intrépide de son ami, ils avaient pris l'habitude de parcourir les routes en autostop, que ce soit pour retourner à l'université ou pour partir en vacances. Vingt ans plus tard, voici qu'ils se retrouvent dans la même ville, par le plus grand des hasards. Notre narrateur, Sacha, est retourné vers des valeurs plus proches de son caractère, plutôt solitaire et casanier ; il n'a pas trouvé l'élue de son coeur. L'autostoppeur, par contre, s'est marié, a un enfant et ne part presque plus sur les routes. Notre narrateur va donc découvrir cette famille et s'y intégrer tout naturellement. La nostalgie aidant, l'autostoppeur souhaitera alors retourner sur les routes de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps...

Un roman sur les chemins que nous prenons, les liens que nous créons et défaisons, sur l'amour qui nous change pour un temps, sur les valeurs que nous portons...

Superbe !

Lu par Julie


Éden

Monica Sabolo chez Gallimard

Une jeune fille est retrouvée inconsciente et nue au pied d'un arbre de la forêt. Quand on lui demandera ce qui s'est passé, elle ne s'en souviendra pas... Nita, une jeune fille de sa classe, veut savoir ce qu'il s'est passé. Elle sait qu'elle se baladait souvent dans la forêt après les cours. Cette dernière, dangereuse et protectrice, abrite des secrets mystérieux et mystiques. Séparé par elle par une longue route, les habitants la regardent toujours avec appréhension. Au loin, le bruit des tronçonneuse qui détruisant sans discontinuer les arbres centenaires. 

Un roman d'atmosphère donc, comme Monica Sabolo sait si bien en faire, dans lequel se baladent des adolescents en colère, coincés entre le monde traditionnel de la forêt et celui de la ville.

Captivant !

Lu par Julie et Pierre

 


Les voyages de Cosme K

Philippe Gérin, Gaïa

Cosme K voyage. En Norvège, sur les rives du lac Baïkal, à Singapour. Autant de paysages merveilleux et de lieux souvent isolés. Il voyage et rencontre des femmes, des hommes, des familles qui, pour un temps, l'accueillent chez eux, dans leur intimité. Partout où il passe, son air candide et ses grands yeux fascinent, son caractère taciturne intrigue et séduit. Toujours, il bouleverse.

Mais toujours, aussi, Cosme K part, fuit ces lieux de beauté pour aller ailleurs. Que fuit-il, que cherche-t-il? Quelle blesssure l'empêche de se poser et de s'attacher? C'est ce que nous apprendrons petit à petit, en accompagnant les gens qui le cotoient, et en suivant les pas de cette personne qui le cherche, quelques années plus tard.

Ce roman, que nous pourrions qualifier d'initiatique, prend le temps de se développer, de se poser, à l'image du rythme lent des personnes qui vivent dans le calme de l'isolement, entourés par une nature sublime, avant de s'emballer pour nous dévoiler le secret qui pèse sur les épaules de Cosme K.

Lu par Anne

 


Le ciel par-dessus le toit

Natacha Appanah chez Gallimard

« La jeune femme tatouée fait elle-même tout le travail. Le temps, la médecine et le progrès n'existent pas, elle pourrait être dans une cave, sur une plage déserte, elle pourrait être la toute première femme au monde, qu'importe, elle se cambre, s'accroupit, pousse, respire et tout son corps est animé de contractions qui font comme des vaguelettes sous la surface de sa peau. Elle devient une mer travaillée de l'intérieur et derrière elle, à côté d'elle, le docteur Michel ne fait que regarder et asseoir son impuissance. Il est fasciné par ce retour d'instinct, il est aimanté par le dragon qui semble se réveiller, écaille verte après écaille verte, flammèche rouge après flammèche rouge. Bientôt, pense-t-il moitié émerveillé, moitié effrayé, cette jeune femme au visage si parfait ne va faire qu'un avec le dragon et oui bientôt, elle crie comme l'autre crache des flammes au croissant de son épaule droite, elle se redresse et de ses deux mains, elle attrape le petit garçon qui glisse hors d'elle. »

Loup est un adolescent lunaire, emprisonné pour avoir provoqué un accident de voiture en tentant de rejoindre sa soeur Paloma. Leur mère, Phénix, la femme tatouée, magnifique et froide, renoue alors avec cette fille transparente qu'elle n'a pas su aimer. Tandis qu'elles tentent de sortir Loup de prison, des souvenirs douloureux de l'enfance volée de Phénix ressurgissent.

La trajectoire d'une mini Lolita livrée par ses parents à la convoitise des adultes, dévoile la violence sournoise nichée au coeur d'un quartier pavillonnaire, les faux-semblants des tragédies ordinaires. Après avoir arraché à coup de dents sa place au monde, Phénix devra apprendre à apprivoiser la colère, la solitude et la culpabilité. Comme dans le poème de Verlaine auquel le titre fait référence, ce roman, griffé d'éclats de noirceur, nous transporte par la grâce d'une écriture envoûtante vers une lumière tombée d'un ciel si bleu, si calme, vers cette éternelle douceur qui lie une famille au-delà des drames.

Nous avons repris le commentaire des éditions Gallimard parce que je ne  pouvais dire mieux pour ce roman magnifique. Si vous ne les avez déjà lu, nous vous recommandons Tropique de la violence paru en folio et le recueuil de chroniques Une année lumière paru chez Gallimard. Nous espérons recevoir Natacha Appanah. Soyez attentifs...

Lu par Pierre


Une fille sans histoire

Constance Rivière chez Stock

Adèle est assise, seule chez elle, s'inventant des vies qui se déroulent derrière la fenêtre fermée. Quand soudain, elle entend des cris, des coups de feu, des sirènes. Nous sommes le 13 novembre 2015 : l'attentat au Bataclan a commencé. Le lendemain, Adèle voit à la télévision le visage d'un jeune homme porté disparu, le visage d'un jeune homme qu'elle aimait contempler au bar dans lequel elle travailait. Elle décide, sans vraiment y réfléchir, de partir à sa recherche et à devenir sa petite-amie. Elle s'invente une histoire qu'elle enrichira au fil des jours.

Une fille sans histoire est un roman très troublant. On ne peut s'empêcher d'aimer cette jeune femme ébranlée par la vie, alors que son comportement tout en usurpations suscite l'indignation. Constance Rivière signe un premier roman à la fois étrange et émouvant qui se lit d'une seule traite, presque en apnée !

Lu par Pierre.


La télégraphiste de Chopin

Éric Faye au Seuil

Pour écrire ce roman, Éric Faye s'est insipiré de la vie de Rosemary Brown. Compositrice et pianiste anglaise, elle se disait aussi médium et prétendait entrer en communnication post mortem avec des musiciens tels que Chopin, Beethoven, Bac, Brahms et bien d'autres. Ces derniers lui auraient demandé de retranscrire toute une série d'oeuvres musicales qu'ils n'avaient pu finir ou écrire de leur vivant.

Dans La télégraphiste de Chopin, point de Rosemary Brown, mais une Véra Foltinova délocalisée en République tchèque, juste après la révolution de velours. Moins prolixe que notre anglaise, Véra prétend entrer en communication avec Chopin qui lui dicte des oeuvres inédites. Alors ! Surpercherie ? Mystification ? Chargé d'enquêter pour le compte de la télévision d'un état qui sort à peine du communisme, Ludvik Slany découvre que les vieux loups de l'ancien régime se reconvertissent en jeunes loups du nouvel état.

Rien de fantastique dans ce roman, juste une part d'ombre qui fait la chasse au matérialisme.

Lu par Pierre


Murène

Valentine Goby chez Actes Sud

"François a 22 ans quand un accident le prive de ses deux bras. Ce roman raconte le combat de ce garçon pour réintégrer non pas sa vie, mais une autre vie. À une époque (nous sommes en 1956), les appareillages ne parviennent pas encore à compenser les manques du corps, François se réinvente un avenir en s'ouvrant une porte singulière, celle du handisport pourtant toujours à ses premiers balbutiements".

Ce roman figure parmi les plus puissants, les plus poignants et les plus solaires de cette rentrée. Normalement, Valentine Goby sera chez nous à la fin du mois de janvier. Ce sera le troisième passage sur nos terres de cette écrivaine qui met si bien en lumière des personnages en résistance. Soyez attentifs donc...

Lu par Pierre


Le bal des folles

Victoria Mas chez Albin Michel

Rappelez-vous ! Il s'appelait Jean-Martin Charcot. Ses séances à la Salpêtrière faisaient salle comble. Il soignait les femmes atteintes de pathologie mentale. Il avait décidé d'ajouter à sa panoplie de techniques expérimentales, un rendez-vous festif, costumé et dansant : le bal des folles. Organisé chaque année à la mi-carême, ce bal deviendra vite un événement mondain. Le Tout-Paris s'y précipite pour assister à cette soirée où les folles dansent devant tout le monde. Dans ce cadre, Victoria Mas choisit de suivre quatre personnages : Thérèse, une vieille prostituée qui a tenté d'assassiner son souteneur qui la battait ; Louise, une enfant violée par son oncle ; Geneviève, une intendante marquée par la disparition de sa soeur et Eugénie, internée de force par son père pour avoir communiqué avec des défunts.

Avec ce remarquable Bal des folles, Victoria Mas (dont c'est le premier roman) nous raconte la vie de ces femmes victimes d'une société où le pouvoir des hommes est écrasant. Formidable !

Lu par Pierre.


Les choses humaines

Karine Tuil chez Galllimard

Claire et Jean Farel forment un couple d'influenceurs très médiatisé : lui, journaliste politique de qualité ; elle, essayiste féministe de renom. Leur fils, étudiant à l'université de Stanford, est voué, lui aussi, à une très belle carrière. Bref, une famille parfaite qu'une accusation de viol propulse dans une inexorable descente aux enfers.

Karine Tuil crée des personnages dont l'humanité nous touche, même quand on devrait les détester. Elle nous livre un roman interrogeant le culte de la performance, le féminisme, les violences faites aux femmes, les médias et les réseaux sociaux.

Intelligent, sans manichéisme, Les choses humaines développe une intrigue qui transporte son lecteur du début à la fin.

Roman remarquable, donc !

Lu par Béatrice


Torrentius

Colin Thibert chez Héloïse d'Ormesson

Johannes van der Beeck, peut-être mieux connu sous le nom de Torrentius, est l'un des peintres de natures mortes les plus extraordinaires. Hélas, de lui, il ne reste qu'un seul tableau conservé au Rijksmuseum d'Amsterdam. L'entièreté de son oeuvre a été détruite au terme du procès qui lui fut intenté pour blasphème et commerce avec le diable. Il faut dire qu'en hédoniste libertaire, provocateur flamboyant et fornicateur insatiable, Torrentius n'a rien fait pour s'éviter les foudres de la religion.

Colin Thibert nous raconte l'existence passionnante et tragique de ce peintre hors du commun dans un livre vraiment savoureux.

Lu par Pierre


Une joie féroce

Sorj Chalandon chez Grasset

Souvenez-vous : Mon traître - Le quatrième mur - Profession du père - Le jour d'avant. Avec Une joie féroce, Sorj Chalandon paraît écrire un roman tout à fait différent des précédents. Eh bien non ! L'écrivain demeure "reporter de guerre". Mais cette fois, le champ de bataille est celui de la maladie. Les quatre héroïnes de son roman sont en guerre contre le cancer. De vraies combattantes au corps meurtri et au coeur blessé. La narratrice, Jeanne, est libraire. C'est une femme douce et discrète à qui trois drôles de dames lumineuses insufflent une force nouvelle.

Sorj Chalandon nous dit que l'écriture sonde les blessures, mais ne les cautérise pas. Il écrit pour partager ses doutes, ses joies, ses peines avec ses lecteurs. Eh bien, nous souhaitons vraiment que vous partagiez cette lecture avec nous !

Lu par Béatrice

 


Mur Méditerranée

Louis-Philippe Dalembert, éditions Sabine Wespieser

Trois femmes montent sur un bateau. Il doit les emmener de l'autre côté de la Méditerranée, cette mer devenue tombeau de milliers d'humains.
Il y a Chochana, une Nigériane, Semhar, une Érythréenne et Dima, une Syrienne accompagnée de son époux et de ses deux filles. Trois femmes de teint, de condition sociale et de confession différentes. Trois femmes qui, parce que leur pays ne leur offrait plus aucun avenir, ont préféré courir le risque de le quitter. Quitter une famille, quitter des racines, au péril de leur corps et de leur dignité. 
Si certains doutent encore aujourd'hui de la nécessité d'aider ces femmes, ces hommes, ces enfants qui arrivent chez nous, qu'ils lisent ce texte, qui retrace le parcours de trois âmes qui ne demandaient qu'à s'épanouir sur leurs terres, mais qui en ont été empêchées par un gouvernement, une guerre, la sécheresse. Victimes collatérales, elles se verront ballotées de bus en camion dans des conditions épouvantables par des passeurs violents, racistes, assoiffés d'argent et de pouvoir. A cause d'eux, et du racisme omniprésent même entre ceux qui fuient, ce roman fait quelque peu perdre foi en l'humanité, disons le. Heureusement il y a toujours de bonnes âmes sur les routes. Trop peu, probablement.
 
Nos trois héroïnes embarquent donc ensemble sur ce navire, celui qui fit naufrage au large de Lampedusa en 2014. Quel sort le Ciel va leur réserver? Les prières seront-elles suffisantes?
Cette fresque de l'exil est absolument captivante, nous retourne de bout en bout, nous montre toutes les facettes de l'exode forcé, nous ouvre les yeux sur la réalité de terrain. C'est un roman sublime et indispensable.
 
Lu par Anne et Solange
 
 

 


Une bête au paradis

Cécile Coulon à l'Iconoclaste

Blanche et son frère se sont retrouvés avec leur seule grand-mère pour gérer la ferme après l'accident de leurs parents. Bientôt Louis les rejoint. Battu par son père et confronté à une mère incapable de le défendre, il se réfugie à la ferme et en devient le commis. Elevé avec la fratrie par la grand-mère, Louis grandira heureux dans le travail, heureux d'être proche de Blanche dont il est amoureux. Mais voilà, l'amour n'est pas réciproque. Blanche pourrait être amoureuse de Louis si elle ne l'était d'un autre : Alexandre. Sans jamais être brillant, Alexandre finit ses études dans le gros du peloton. Cela suffit pour ébahir ses parents, eux qui ont toujours été plus mauvais que les autres... Blanche et Alexandre apprennent tout de l'amour ensemble sous les yeux d'un Louis pétrifié. Et puis la vie fait son oeuvre, elle sépare même les couples réputés les plus indissolubles. A Blanche et Louis de vivre dans le regret de leurs rêves inassouvis. Jusqu'à ce que...

La ferme s'appelle la ferme du Paradis. Un nom trompeur pour ce très beau texte, véritable opéra rural !

Lu par Pierre


Rhapsodie des oubliés

Sofia Aouine, éditions de La Martinière

Abad, treize ans, erre dans les rues de la Goutte-d'Or, un quartier populaire de Paris. Observant les prostituées trop maquillées et les frères musulmans de plus en plus extrémistes, il se fait la promesse de sortir de ce trou à rats dès qu'il le pourra. En attendant, la branlette et les copains sont ses seules échappatoires, jusqu'à ce qu'un malentendu mette sur son chemin une  vieille psychanalyste, Ethel, qui pourrait bien changer un peu son destin.
 
Abad, c'est le gamin qu'on croise dans le métro, ce petit mec aux allures de voyou qui cache un cœur d'or prêt à embrasser toutes les promesses d'avenir meilleur... et les lèvres de Gervaise, son amie prostituée, ou celles de la mystérieuse fille d'en face.

Abad, c'est le Momo de La vie devant soi de Romain Gary, dans sa version contemporaine, c'est un représentant de ces millions de personnes dont on préfère ne pas s'occuper, entassées dans des quartiers qu'on préfère éviter. Et son quotidien, son histoire, il nous le raconte merveilleusement bien, sur le ton franc et badin d'un ado au langage argotique plein de saveurs.
 
Lu par Anne
 


Louvre

Josselin Guillois au Seuil

Je ne connaissais pas Jacques Jaujard. Directeur du Louvre en 1939, cet homme décida de vider le musée et d'en cacher les oeuvres dans toute la France. Trois femmes vont, chacune à leur manière, jouer un rôle dans ce déménagement des collections du plus grand musée d'Europe. Il y a Marcelle, la femme de Jacques. Très amoureuse de son mari, elle veut absolument un enfant. Il y a Carmen, une jeune adolescente qui regarde ses seins pousser et qui lie la victoire ou non des Allemands sur la parution de ses règles. Enfin, il y a Jeanne, comédienne, qui vient d'avorter et espionne pour la résistance. Louvre nous livre les journaux intimes de ces trois femmes en prise avec la guerre et qui ont, toutes les trois, un lien avec Jacques Jaujard.

Louvre est un premier roman absolument réussi. Il nous a passionnés !

Lu par Pierre


L'île du dernier homme

Bruno de Cessole chez Albin Michel

Deux personnages hors du commun dans ce roman de Bruno de Cessole. François de Saint-Réal est journaliste. Il s'intéresse aux djihadistes français ou belges et aux raisons qui les conduisent la plupart du temps à la mort. Des banlieues françaises au champ de bataille de Alep, il fait jouer ses réseaux et enquête. Une grosse maladresse de sa part conduira les services d'espionnage français et anglais à s'intéresser à lui de très près. C'est là qu'intervient Déborah, enquêtrice au MI5 anglais. Elle est chargée de mettre le journaliste sur écoute, de suivre ses mouvements en piratant ordinateur et GSM afin de prouver que François de Saint-Réal fait partie des réseaux terroristes qui menacent l'Europe.

L'île du dernier homme est un roman fabuleux, inlachable et d'une troublante actualité. Il est aussi une réflexion sur le cynisme de nos sociétés.

Ce roman s'est imposé à nous comme s'étaient imposés les livres de Pierre Lemaître. Nous lui souhaitons le même succès !

Dévoré par Pierre

 


Assassins!

Jean-Paul Delfino, éditions Héloïse d'Ormesson

Nous sommes en 1902. Ce soir-là, quand Emile Zola se met au lit, il se sent nauséeux. Ses pensées vagabondent au gré de ses souvenirs de jeunesse et de ses succès littéraires, de ses humiliations et de ses fiertés. A ses côtés, son épouse est également mal en point.

Au même instant, le Paris antisémite fomente une revanche contre ce Zola qui a jadis défendu Dreyfus et a ainsi scindé la France en deux. Il est plus que temps, aux yeux des anti dreyfusards, d'enfin rendre "La France aux Français" et de se débarrasser, dans le même temps, de leurs adversaires.

Ainsi plonge-t-on dans une époque de haine virulente à l'égard des étrangers, en même temps que nous découvrons l'homme qui se cache derrière l'auteur des Rougon-Macquart. Jean-Paul Delfino nous livre un roman documenté dans une langue travaillée et fluide qui nous donne très envie de (re)découvrir l'oeuvre de Zola!

Lu par Anne

 


Le coeur battant du monde

Sébastien Spitzer chez Albin Michel

L'auteur de "Ces rêves qu'on piétine" (merveille) continue de faire parler les oubliés de l'histoire. Dans son deuxième roman, il met ainsi en lumière la vie du fils caché de Karl Marx. Car oui, ce dernier avait engrossé sa bonne, qui ne souhaitait absolument pas mettre au monde l'enfant d'une relation extra conjugale. Il fut donc décidé de l'éliminer avant son premier cri... C'était sans compter sur le médecin humaniste chargé de cette mission qui, au même moment, soignait Charlotte, une jeune dame qui venait de perdre l'enfant qu'elle portait, et qui accepta d'élever le petit Freddy.
Nous sommes en 1860 à Londres, sur fond de révolte sociale, de crise économique et de misère, pendant que le coton arrive en Angleterre depuis les Etats Unis ravagés par la guerre de Sécession. Marx rédige des articles, Engels l'entretient financièrement, lui et sa famille... et à quelques rues de là, Freddy découvre l'injustice du monde...
 
Un roman prenant, dans lequel nous en apprenons beaucoup sur le tempérament de Marx, personnage rempli de contradictions, sur le riche Engels et sur cette époque difficile qui tend vers l'industrialisation.
 
Lu par Anne
 
 

Vaincre à Rome

Sylvain Coher chez Actes Sud

Jeux olympiques de Rome, 1960. Au départ du marathon, derrière les favoris, se cache une frêle silhouette noire vêtue du survêtement vert et rouge de l'Ethiopie. Cet homme s'est débarrassé de ses chaussures, plus à l'aise pieds nus, comme lorsqu'il court sur les hauts plateaux abyssins. C'est Abebe Bikila.
 
Nous lisons ce roman comme nous courons un marathon, au rythme des kilomètres et des foulées, ici celles de notre homme pieds nus, qui gagnera (comme il l'a prédit) la course légendaire en 2 heures, 15 minutes et 16 secondes, battant ainsi l'ancien record du monde.
Or, vaincre en terre italienne, pour un Éthiopien, est une revanche sur l'histoire: plus de vingt ans après la prise d’Addis-Abeba par Mussolini, en pleine période de décolonisation et de démembrement des empires européens, “Vaincre à Rome, c'est comme vaincre mille fois”, a dit Hailé Sélassié. Ce jeune Africain qui remporte l’or va ainsi couronner tout un continent.
 
Sylvain Coher "parvient à insuffler à la langue le rythme, la mécanique, les accélérations d’une course de fond, jusqu’au bien-être des endorphines, jusqu’à l’envol final du sprint. Devenu Petite Voix dans la tête du champion, il se coule dans la cadence variable de sa foulée infatigable pour raconter comment grandissent les héros, comment se relèvent les peuples, comment se gagnent les revanches et comment naissent les légendes."
 
Sous forme de monologie intérieur, ce roman à l'écriture exigente n'est donc pas qu'un livre sur le sport, mais également le roman d'une nation.
 
Lu par Anne
 

Les yeux rouges

Myriam Leroy chez Seuil

Les réseaux sociaux sont aujourd'hui le moyen le plus facile pour communiquer avec le reste du monde ou avec son voisin, avec son meilleur ami ou avec un inconnu.
 
Lui, Denis, fait partie de ces gens qui aiment écrire "haut et fort" ce qu'ils pensent, qui le revendiquent comme un acte de courage, cachés derrière un écran d'ordinateur. Elle est journaliste, connue dans le milieu pour ses prises de position.
 
Un jour, Denis décide de la contacter, car il souhaite l'interviewer. Ce sera le début d'une descente dans les enfers du harcèlement numérique.
 
Raconté selon le point du vue du harceleur, nous n'entendrons la voix de la jeune femme que lors de ses rencontres avec les médecins et les personnes à qui elle demandera de l'aide, sans trouver de solution. Avec une tension croissante, ce roman vous prive de voix, vous prend aux tripes, vous révolte, sans que vous puissiez, vous aussi, faire quelque chose.
 
D'un réalisme effrayant !
 
Lu par Julie
 
 
 
 

Un monde sans rivage

Hélène Gaudy, Actes Sud

En 1897, S.A. Andrée, Knut Fraenkel et Nils Strindberg décident de partir en ballon au-dessus du Groenland afin de photographier ce pays de glace. Partis à la fin du printemps, ils ne revinrent jamais...
 
En 1930, des hommes découvrent dans les glaces du Groenland les corps gelés de trois hommes ainsi que leurs biens, des pellicules photographiques et des écrits, conservés par le froid.
 
Au XXIème siècle, Hélène Gaudy se rend à une exposition de ces photos développées dans un musée de Copenhague. Elles sont le point de départ de ce roman, dans lequel l'auteure tente de reconstruire l'aventure de l'exploration Andrée, les états d'âme et les choix quotidiens des trois explorateurs danois. Elle imagine également comment Anna, la fiancée de Nils, a vécu le départ puis l'absence de son amoureux. Elle nous conte aussi les rêves fous d'autres explorateurs d'autres époques et d'autres lieux, tous ces hommes et femmes qui ont, grâce à leur ténacité, permis d'incroyables avancées scientifiques et géographiques, parfois aux dépends de leur vie. A partir de quelques documents et dans un style rempli de poésie, Hélene Gaudy émet des hypothèses afin de redonner vie aux trois aventuriers et à un mystère fascinant!
 
Lu par Anne et Solange


Civilizations

Laurent Binet, Grasset

Et si Christophe Colomb n'avait pas réussi à découvrir l'Amérique? Et si, en 1531, les Incas avaient envahi l'Europe? C'est l'idée de Laurent Binet, qui revisite dans la foulée toute l'histoire du XVIè siècle européen.
Quatre parties forment le tout: d'abord, une saga nordique dans laquelle une reine islandaise débarque au Canada. Ensuite, le Journal de bord de Christophe Colomb, qui de fidèle à la réalité se fait imperceptiblement fiction. La troisième partie est celle de l'invasion inca, où vous retrouverez Atahualpa conversant avec Charles Quint, et se faisant des alliés parmi les opprimés de tous horizons afin de combattre les grandes puissances en place. Enfin, Laurent Binet se met dans la plume de Cervantès et lui invente des histoires aussi don quichottesques que possibles.
Si l'on s'épuise quelque peu à lire cette suite de batailles et de mise en place de stratégies militaires, cela n'empêche pas les fulgurances langagières et les inventions historiques cocasses remarquables.
 
Lu par Anne


Beaumarchais : un aventurier de la liberté

Erik Orsenna chez Stock

Musicien, courtisan, financier, promoteur immobilier, industriel, espion, armateur, édituer de Voltaire et auteur d'une oeuvre aussi géniale que Le mariage de Figaro, Beaumarchais voulait tout  vivre à la fois et peut-être considéré comme l'inventeur de la locution "en même temps". Lancez-vous dans cette véritable cavalcade et n'hésitez surtout pas à relire ce fameux Mariage de Figaro, tant ce texte est fin, drôle et intelligent.

Le Comte : Qui t'a donné une philosophie si gaie ?

Figaro : L'habitude du malheur. Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.

Lu par Pierre

 

 

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